Conclusions
Une activité physique régulière est reconnue par la communauté scientifique comme lun des facteurs fondamentaux dune bonne santé, dune bonne capacité fonctionnelle et par voie de conséquence du bien-être, déterminant essentiel de la santé positive.
A côté de lactivité physique proprement dite, le sport joue également un rôle essentiel pour le développement psychomoteur des enfants et leurs habitudes sociales (nutrition, alcool, tabac, violence). Favoriser lacquisition dune culture sportive dès lenfance doit permettre en effet dêtre une source de plaisir et dintégration sociale, daméliorer la santé globale des individus, y compris de ceux victimes de handicaps, de contribuer à lépanouissement individuel des jeunes et de lutter contre le désoeuvrement et la délinquance. De tels enjeux méritent dessayer de parvenir à augmenter la participation dun maximum de personnes, tous âges confondus, à la pratique sportive. Les cours des éducateurs physiques intègrent de plus en plus le concept sport-santé et insiste sur les conditions de pratique qui permettent de garantir lintégrité physique de lindividu et de parvenir ainsi à une meilleure gestion du " capital santé ".
Malheureusement, linactivité constatée actuellement est un phénomène complexe et multifactoriel, relevant aussi bien de facteurs individuels, sociaux et psychologiques, que de facteurs environnementaux. La solution ne peut donc consister à encourager la pratique sportive par un simple discours mais nécessite la prise en compte de lensemble de ces facteurs, en favorisant une approche socio-écologique de la santé.
Afin daugmenter la motivation des individus pour des programmes dexercices, il faut privilégier, au début, la pratique dactivités physiques simples en mettant laccent sur les modes de locomotion habituels (marche, montée des escaliers, course, nage, cyclisme, ski de fond,...). Il apparaît donc essentiel que les pouvoirs publiques prennent en compte cette donnée dans la définition dune politique daménagement du territoire et dans la construction de lenvironnement urbain (pistes cyclables, parcours de santé, chemins pédestres, ...).
Les besoins dune activité physique pour la santé varie dune population à lautre, en raison des différences socio-économiques, des structures de santé, du niveau de sédentarité et de la mobilité éventuelle. Une politique rationnelle délévation du nombre de pratiquants doit correspondre aux besoins locaux et être adaptées aux priorités locales. Lévaluation préalable de ces besoins doit sappuyer sur des données fournies par des enquêtes concernant la morbidité, la mortalité, la capacité fonctionnelle, la consommation médicale et la perception de santé dune population donnée.
Au-delà de ces actions ponctuelles, il semble nécessaire de structurer un réseau national sport-santé autour de lensemble des acteurs susceptibles duvrer dans ce domaine, capable de coordonner et de soutenir leurs actions respectives. Il sagit donc de mettre en place une véritable démarche de santé publique visant une mobilisation active autour de la prévention par la pratique dactivités physiques et sportives adaptées pour lensemble de la population, de la petite enfance à la personne âgée, dans la perspective dun abaissement du coût social de la santé en intervenant sur :
Ces objectifs méritent de réunir autour de ce thème lensemble des partenaires concernés, institutionnels ou non. Ils expriment le rôle interactif et complémentaire des différents acteurs de santé qui devront encadrer les individus dans leur vie quotidienne (médecins, enseignant, éducateurs).
Pour une promotion des activités physiques et sportives, un certain nombre dactions peuvent être envisagées, tant sur le plan local que sur le plan national. On peut ainsi proposer :
Une telle démarche serait dautant plus satisfaisante que la pratique des APS saccompagne le plus souvent dune amélioration spontanée de lhygiène de vie globale. Equilibrer son alimentation, réduire sa prise dalcool, diminuer le tabagisme représentent autant de comportements permettant à lindividu daccroître rapidement ses performances physiques. Lapproche préventive a trop souvent été construite sur base dinterdits qui risquent de décourager. Au contraire, une stratégie fondée sur le développement des APS dès le plus jeune âge, à lécole, à luniversité, dans les entreprises, au sein des clubs du troisième âge, des maisons de retraite,... offrirait sans doute une vision plus souriante de la prévention sanitaire.
Il ne faut toutefois pas confondre, comme le font la plupart des gens, " sports " et " activités physiques ". Lactivité physique préconisée pour améliorer le capital santé est une activité physique visant le développement et le maintien des qualités physiques fondamentales, à savoir endurance, force et souplesse. Si le sport est une activité physique, on saperçoit quil nest pas toujours bénéfique pour le bien-être physique, mental et social. Trop souvent, le sport et surtout le sport de compétition, visant la " rentabilité ", entraînent des dérapages et négligent le capital santé.
En conclusion, laugmentation de la pratique des activités physiques peut certainement atténuer les problèmes de santé générés par un mode de vie trop sédentaire et par les habitudes de vie qui sy rattachent. Il est paradoxal de constater que si une énergie importante a été consacrée durant ce siècle à libérer lhomme des contraintes physiques nécessaires à son travail et à ses déplacements, le siècle prochain devra sûrement sattacher à réhabiliter leffort musculaire, le mode de vie hypocinétique ne semblant pas convenir à lhomme.
Compte tenu de ces constatations, il ressort quune pratique dactivités physiques et sportives régulière et adaptée est dune importance capitale pour lamélioration du facteur santé et pour sassurer un mieux être, mieux vivre et mieux vieillir.
"Un homme, cest fait pour bouger, cest pas fait pour sarrêter,
cest fait pour continuer, pour mourir en mouvement éventuellement...
Tout le malheur vient de limmobilité. Toujours."
(Jacques BREL)
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