Influence de l'activité physique sur:
La pratique régulière dune activité physique paraît avoir des effets très positifs dans la prévention et sur lévolution dun certain nombre de maladies. Les études réalisées démontrent un effet de lactivité physique sur les maladies cardio-vasculaires, le diabète, la lutte contre lostéoporose et les atteintes du système ostéo-articulaire, ainsi que sur le risque dapparition de certains cancers. Dune façon plus générale, chez ladulte normal, lexercice diminue lanxiété et linstabilité émotionnelle, lhumeur et la résistance au stress des sujets en bonne condition physique étant améliorées par rapport à celle des sujets sédentaires.
Les personnes âgées peuvent aussi grandement profiter de la mise en uvre de programmes de réhabilitation physique, seuls capables de rompre le cercle vicieux qui sinstaure à partir dun certain âge, entre sédentarité et aggravation du handicap. Le degré de liberté sen trouve accru et le risque de dépendance séloigne.
Influence de l'activité physique sur la qualité de vie
La contribution de lexercice physique et de la vie active à lamélioration de létat de santé dun individu et dune collectivité ne se mesure pas seulement en termes de maladies et de blessures quil est possible de prévenir, de guérir plus rapidement ou dempêcher de récidiver, elle sévalue aussi en tenant compte de limpact que ce mode de vie génère sur lamélioration de la qualité de la vie.
Les personnes physiquement actives prennent leur santé en main. Elles se détendent, se reposent et se distraient plus ; elles gèrent mieux leur stress et sont ainsi mieux préparées à faire face aux tensions ou aux urgences lorsquelles se présentent ou saccumulent. Les gens actifs nont pas les mêmes habitudes de vie que les personnes inactives. Ils sont généralement plus soucieux de leur santé et de leur qualité de vie. Ils se préoccupent plus de leur alimentation, de leur environnement et ils évitent certaines habitudes pouvant être nuisibles ou néfastes pour la santé. Le fait de pratiquer une activité physique régulièrement procure du plaisir, génère une plus grande sérénité, un plus grand sentiment de liberté, une meilleure écoute des signaux dalarme que notre corps ou notre esprit peuvent émettre et peut aider à lutter contre lisolement et la solitude.
Influence de l'activité physique sur le système cardio-vasculaire
La prévention des affections du système cardio-vasculaire constitue un problème très important de la médecine préventive daujourdhui.
Létiologie invoque une série de facteurs exogènes (modification des habitudes de vie et dalimentation) et endogènes (facteurs de risques : pression sanguine élevée, haut taux de cholestérol, obésité,...), qui sont à lorigine des affections cardio-vasculaires. La sédentarité y joue un rôle important, car tout organe na que la capacité de son niveau de sollicitation (Wolt, Busch et Mellerowicz, 1973). Normalement, les risques dinfarctus sont deux fois plus grands chez les sujets non-entraînés que chez les sujets entraînés. Après la quarantaine, les risques augmentent considérablement chez les non-entraînés. Chez les gens bien entraînés, ce risque demeure à un niveau bas encore pendant 20 à 25 ans.
Au cours des vingt dernières années, il a été prouvé que lexercice physique régulier après un accident cardiaque et chez des malades présentant une insuffisance chronique permettait à la majorité des sujets le retour à une vie sociale normale. Puis, grâce à des études comparatives avec tirage au sort, on sest rendu compte que lespérance de vie était améliorée. Lentraînement physique a des effets favorables sur le taux de cholestérol, la régulation de la glycémie, la diminution de la surcharge graisseuse ; il motive les malades coronariens pour larrêt du tabagisme, clé de voûte de la prévention secondaire.
| Age | Inactivité physique | Obésité | Hypertension | Tabagisme | Diabète | Hypercholes- térolémie |
Hypertrophie ventriculaire gauche |
| Hommes | |||||||
35-44 |
12.1 |
12.5 |
13.5 |
48.6 |
1.1 |
20.2 |
2.9 |
45-54 |
16.9 |
14.7 |
18.3 |
43.1 |
1.1 |
25.7 |
4.8 |
55-64 |
21.0 |
12.5 |
22.3 |
37.4 |
3.3 |
23.5 |
10.1 |
65-74 |
27.1 |
12.7 |
27.1 |
22.8 |
3.2 |
21.6 |
7.1 |
| Femmes | |||||||
35-44 |
13.3 |
20.1 |
8.5 |
38.8 |
0.8 |
12.9 |
0.9 |
45-54 |
19.3 |
24.2 |
18.2 |
36.1 |
2.9 |
28 |
3.6 |
55-64 |
30.8 |
30.9 |
31.2 |
24.2 |
3.2 |
49.7 |
4.1 |
65-74 |
39 |
27.2 |
47.6 |
10.2 |
6.1 |
51 |
9.6 |
Graphique 1 : les avantages de lentraînement en endurance
Lentraînement en endurance na pas seulement une influence importante sur le cur (et par là même un effet cardioprotecteur) mais aussi sur de nombreux facteurs de risque qui favorisent linstallation de maladies cardio-vasculaires dégénératives. Ces facteurs de risque sont principalement la sédentarité, lobésité, lhypertension artérielle, le tabac, le diabète et lhypercholestérolémie. Ces différents facteurs sont souvent intriqués. De plus, la présence de plusieurs entraîne non pas une addition mais une multiplication des risques de voir apparaître une maladie cardio-vasculaire dégénérative.

Daprès les données de lEnquête Santé-Canada et de lEnquête condition physique Canada
Effets de lentraînement en endurance sur le cur
Un des premiers effets de lentraînement en endurance est labaissement de la fréquence cardiaque.
La diminution de la fréquence cardiaque induit une réduction considérable du travail quotidien du myocarde ; de plus, une fréquence cardiaque plus basse est, à la lumière des statistiques, un gage de moindre risque daffections cardio-vasculaires. Comme le montre le graphique 3, la diminution de la fréquence cardiaque réduit nettement les risques de problèmes coronariens mortels.
En plus de remaniements neuro-végétatifs, lentraînement en endurance produit des modifications morphologiques au niveau du cur, ce qui renforce le processus déconomies fonctionnelles. Un entraînement en endurance provoque un agrandissement du cur, cest à dire quil se produit une dilatation des cavités cardiaques et une hypertrophie du myocarde. Il en résulte une augmentation du volume déjection systolique et, par conséquent, une augmentation du débit cardiaque maximal en cas deffort. Un gros volume déjection systolique permet déconomiser le travail du cur, tant au repos quà leffort. Une baisse de la fréquence cardiaque conditionnée par une augmentation du volume du cur (il existe une relation entre la diminution de la fréquence cardiaque due à lentraînement et laugmentation du volume du cur) exerce un effet très favorable sur la charge cardio-vasculaire au repos et à leffort ; il y a économie du travail cardiaque. Une diminution de 10 battements/minute permet une économie doxygène de 15%.

De plus, grâce à une meilleure capillarisation, lentraînement amène à une meilleure utilisation périphérique de loxygène et des substrats. Par le fait même quil se produit une optimisation dans la livraison de loxygène aux cellules, une moindre quantité de sang, donc une fréquence cardiaque moins élevée suffit à répondre aux besoins.
Lentraînement en endurance favorise également le développement de collatérales au niveau du myocarde. Cette adaptation joue également en faveur de la protection du cur ; létat des collatérales conditionne la mortalité précoce par infarctus du myocarde. De plus, lentraînement produit, à la longue, une forte dilatation de la lumière des coronaires et des vaisseaux coronaires eux-mêmes, améliorant ainsi lirrigation du myocarde au repos et à leffort.
Influence de l'activité physique sur l'obésité
Lobésité est un facteur de risque important daffections cardio-vasculaires et, comme en témoigne le graphique 4, la part des obèses dans les différentes maladies est impressionnante.

daprès le bilan des publications mondiales par Heyden, 1975
Lors dun entraînement ordinaire en endurance, les besoins caloriques durant lexercice ne sont pas suffisants, à eux seuls, pour maigrir. Cest plutôt lélévation du métabolisme général qui sera le stimulus décisif, de même que les processus morphologiques et biochimiques empêchant la mise en réserve des graisses. Lentraînement optimise la distribution de lénergie absorbée entre la mise en réserve et les organes qui lutilisent. En outre, lentraînement physique provoque une diminution considérable de la dimension des cellules adipeuses, par la dégradation des triglycérides et linhibition parallèle qui restreint la synthèse.
L'obésité correspond à un excès de masse grasse dans le corps. L'obésité est souvent le résultat de mauvaises habitudes alimentaires associées à un mode de vie trop sédentaire. Cela entraîne un déséquilibre entre l'apport énergétique de l'alimentation et les dépenses énergétiques. Le surplus est alors stocké sous forme de graisse dans le corps (tissu adipeux). Ce mécanisme permet à l'homme de se protéger naturellement contre la faim par exemple. Toutefois, lorsque se déséquilibre s'amplifie, cela conduit à l'obésité et tous les risques que cela peut engendrer.
La question est de savoir à partir de quelle valeur un sujet est-il hors norme, à partir de quel pourcentage de masse grasse peut-on considérer qu'il y a risque pour la santé?
Pour répondre à ces questions, il faut mesurer la masse graisseuse du corps humain. Il est possible d'estimer la masse graisseuse par des techniques telles que la médecine nucléaire, la pesée dans l'eau, les plis adipeux, bio-impédance, Ces technique ne sont toutefois pas accessibles à toutes et tous.
Une façon accessible à tous de définir l'obésité d'un individu utilise le concept de l'indice de masse corporelle (IMC).
Il y a plus de 150 ans, Lambert Adolphe Jacques Quetelet (1796-1874), astronome, mathématicien, philosophe et anthropologiste belge introduisait la théorie des dimensions humaines et l'utilisation des probabilités pour décrire la variabilité humaine. Selon Quetelet, les poids de personnes qui présentent des tailles différentes sont en relation avec le carré de la stature. Sur une base empirique, il proposait alors un index pondéral appelé index de Quetelet ou encore Body Mass Index (BMI):
![]()
Dans des échantillons issus de différentes populations, le BMI présente une faible corrélation avec la taille et est corrélé positivement avec l'épaisseur des plis adipeux ainsi qu'avec le poids mesuré sous l'eau. Dès lors, le BMI est très régulièrement utilisé comme un indicateur de l'obésité dans des domaines comme la diététique ou les assurances-vie.
Cependant, Borms, Ross, Duquet & Carter (1986) ont calculé sur 66 body-builders de niveau national, la valeur du BMI. Ils ont trouvé 27,5. L'interprétation simpliste devait aboutir à la conclusion qu'il s'agissait d'un échantillon d'obèses! Or l'adiposité était minime et tous présentaient une somme de six plis adipeux (triceps, omoplate, supra-spinal, ombilical, cuisse et mollet) située en dessous du dixième percentile des sujets de leur âge. Il faut donc en conclure qu'il est hasardeux de fournir une information individuelle précise de l'aspect graisseux du corps uniquement à partir des index pondéraux. Ceux-ci doivent être complétés par des mesures permettant d'estimer le contenu en graisse du corps.
Nous voyons donc que cette index peut être utilisé comme un substitut à la mesure directe de la quantité de graisse mais qu'il ne s'applique pas pour des athlètes ayant une musculature fort développée, des femmes enceintes, de jeunes enfants,
Il est par contre régulièrement employé par des médecins spécialistes en nutrition et le Comité d'expert des caractéristiques physiques de l'OMS propose d'adopter les seuils de 25, 30 et 40 qui correspondent aux degrés 1, 2 et 3 de surpoids corporel.
Si vous voulez connaître votre Body Mass Index, nous vous invitons à rentrer votre poids en kilogrammes et votre taille en centimètres. Vous aurez directement un commentaire. Attention, compte tenu des commentaires effectués auparavant, vous devez considérer ceci comme un indicateur et savoir l'interpréter! Peut être aussi que cela vous incitera à faire de l'exercice physique et à réviser vos habitudes alimentaires.
Calcul du BMI
Influence de l'activité physique sur le diabète
Le nombre de transporteurs au glucose étant faible, la sensibilité des tissus à linsuline est diminuée. Lexercice physique dendurance permet daugmenter le nombre de transporteurs au glucose dans le tissu musculaire. En effet, lors dun exercice physique, il y a exocytose partielle de GLUT4, le transporteur spécifique du glucose dans les muscles squelettiques. Le nombre de transporteurs étant augmenté, le muscle à une meilleur sensibilité à linsuline. Lentraînement en endurance accroît donc la sensibilité des tissus à linsuline et en diminue ainsi les besoins.
Bühr a pu démontrer que le repos complet au lit ralentissait labsorption du glucose par les cellules après 3 mois seulement. Ce phénomène na pas été observé chez des sujets alités qui recevaient des soins de kinésithérapie appropriés.
Influence del'activité physique sur l'ostéoporose et les atteintes du système ostéo-articulaire
Lostéoporose affecte 40% des femmes âgées, et 10% des hommes. Avec le vieillissement de la population du " Baby Boom ", lincidence des fractures de la hanche liées à lostéoporose va augmenter de 70% au cours des 20 prochaines années. Il nexiste pas encore de traitement curatif satisfaisant pour lostéoporose. Sa prévention est beaucoup plus fructueuse que son traitement.
La pratique régulière et continue de lactivité physique constitue un facteur très important, puisque les os qui ne travaillent pas perdent plus de tissus osseux et deviennent plus fragiles. Comme les muscles, les os doivent travailler pour rester sains. Une augmentation modérée de la consommation de calcium et une habitude de pratique sportive prise très tôt dans la vie favorisent une masse osseuse maximale, réduisent au minimum la perte de tissus osseux liée à lâge, et contribuent à diminuer le risque dostéoporose de plus ou moins 30% à lâge de 70 ans.
Il est important de faire suffisant dexercice physique et dingérer une quantité suffisante de calcium à la puberté car environ 60% de la masse osseuse définitive se forme durant cette période. Compte tenu du fait quen absence de charge mécanique le calcium pénètre plus difficilement dans la structure osseuse, il est plus logique dinciter les enfants et les adultes à augmenter leur temps dactivité physique à titre de stratégie préventive contre lostéoporose que de leur prescrire de larges doses de calcium.
Larthrose est lune des causes principales de handicap. Pour la plupart dentre nous, larthrose nest rien de plus que des douleurs sans importance, " une conséquence inévitable du vieillissement ".
Les 206 os du corps humain sont reliés par une centaine darticulations. Lorsquune articulation perd de sa souplesse de mouvement, elle doit davantage compter sur les muscles et les tissus mous qui lentourent. Il y a de larthrose quand le cartilage est détruit et que les os frottent lun sur lautre. Il sensuit une inflammation, de la douleur, une perte de mobilité ainsi que des handicaps physiques et fonctionnels.
Des exercices physiques appropriés effectués tout au long de la vie sont dune importance capitale puisquils renforcent les muscles qui entourent les articulations menacées et aident à préserver la mobilité et la fonction articulaires (le cartilage se nourrit pendant le mouvement).
Influence del'activité physique sur certains cancers
Dans une étude épidémiologique, Blair et ses collègues ont suivi 13344 personnes sur une période moyenne dun peu plus de 8 ans. Ils rapportent une relation entre le niveau de condition physique et le taux de mortalité par cancer. Les facteurs dinfluence potentiels ont été contrôlés. De plus, il ressort de cette étude que même de légères améliorations de la condition physique produisent des bénéfices pour la santé.
Une étude menée par Frisch et ses collègues , en Angleterre, rapporte que les ex-athlètes féminines de niveau collégial ou universitaire ont un taux dapparition de cancers du sein et du système reproducteur significativement plus bas que les non-athlètes. Les facteurs dinfluence positive (lâge, le nombre de grossesses, la cigarette, la prise de contraceptifs oraux,...) étaient contrôlés. Pour être considérée comme athlète, il fallait avoir aux moins deux entraînements par semaine avec lune des équipes sportives (compétitive ou récréative) de linstitution pour une période dau moins un an.
Selon des travaux de recherche fondés sur la comparaison avec témoins et sur létude comparative de cohortes, il existe un lien entre laugmentation de lactivité physique et la diminution du risque de cancer du colon, lexercice physique favorisant le transit intestinal.
Lactivité physique peut réduire de 50% le risque quune personne soit atteinte dun cancer du colon.
Le tabagisme est le facteur de risque de cancer le plus important, principalement le cancer du poumon, de la cavité buccale, de loesophage, du larynx, mais aussi de la vessie et du rein pour lesquels lincidence est plus élevées chez les fumeurs. Un tiers de tous les décès causés par cancer sont associés au tabagisme.
La pratique des APS saccompagne le plus souvent dune amélioration spontanée de lhygiène de vie globale, avec une diminution du tabagisme.
Influence de l'activité physique sur la santé mentale
Il semble bien que notre société connaisse des problèmes dont lampleur est sans précédent : stress destructeur, drogue, violence, suicide sont des mots qui reviennent quotidiennement dans lactualité. Ces problèmes, que lon associe à la santé mentale, représentent environ 20% des dépenses de santé au Québec.
Au Québec, si lon exclu les grossesses et les accouchements, les troubles mentaux constituent la principale cause dhospitalisation de courte durée chez les 15-44 ans et ils représentent près de 20% des dépenses publiques de santé. Selon lenquête Santé-Québec, environ une personne sur quatre est actuellement confrontée à cette réalité puisque 30% des femmes et 22% des hommes présentent un niveau élevé de détresse psychologique qui est une des facettes de la santé mentale associée aux états dépressifs, aux êtres anxieux, à certains symptômes dagressivité et de troubles cognitifs.
Diverses études démontrent que la pratique physique et la vie active contribuent à améliorer la santé mentale en augmentant le goût de vivre, en réduisant limpact du mauvais stress, en diminuant le niveau danxiété et de la dépression légère, en augmentant lestime de soi, en acquérant un meilleur équilibre psychologique et émotionnel et en créant des liens damitié ou des réseaux de support.
Influence de l'activité physique sur la "résistance au stress"
60% des Canadiens estiment que leur vie est relativement stressante et que lactivité physique pratiquée durant les temps libres est un excellent moyen de soulager les tensions.
Le stress peut être défini, dans le contexte des changements physiologiques, comme une réponse positive à certaines situations de la vie quotidienne ou à certains événements qui surviennent au cours de lexistence. Le stress constitue en quelque sorte une réponse de lorganisme à une stimulation (excès ou manque) ou à une agression, à tout changement qui demande une adaptation importante, imprévue. Le stress peut être stimulant et nous pousser à vivre, mais il peut aussi être destructeur, soit parce quil est trop intense ou brutal et que les capacités de lorganisme sont débordées, soit parce quil use nos réserves au jour le jour et nous " brûle " à petit feu. Le stress sous la forme de tension provisoire est nécessaire à la vie (bon stress) ; cest seulement en cas de surmenage ou de tensions constantes que le stress aboutit à des perturbations organiques (mauvais stress).
Lorganisme sadapte au stress en plusieurs phases. Au début, une phase dalarme, qui se traduit par des symptômes physiques variant selon les individus, limportance du stress et sa brutalité : pâleur, malaise, palpitations, mal au ventre, ... Survient ensuite la phase dadaptation : le moteur " semballe ", les organes sont sur-stimulés et sécrètent plus dhormones que la normale. Si cette phase se prolonge, lorganisme sépuise et devient de plus en plus vulnérable. Ainsi, un stress qui dure ou se répète est une menace pour lorganisme. La fatigue en est le symptôme le plus fréquent mais lanxiété, lirritabilité, la nervosité, les troubles du sommeil, la difficulté de se concentrer sont également des conséquence de cet épuisement de lorganisme. Enfin, si le stress se prolonge, des manifestations psychosomatiques apparaîtront au point faible de chaque individu.
La pratique dune activité physique qui sollicite entre autre lendurance cardio-respiratoire a des effets bénéfiques face au stress puisquelle peut détruire les énergies refoulées par les stimuli de stress. Lentraînement régulier en endurance contribue ainsi à éviter les conséquences à long terme du stress car il empêche laccumulation des stimuli de stress. " Létat dalerte " engendré est ainsi toujours diminué par lactivité physique.
De plus, la pratique dune activité physique aide à gérer le stress et à sadapter le mieux possible, à vivifier le corps et lesprit, à savoir comment se relaxer, se détendre musculairement et mentalement, à avoir du plaisir et en profiter pleinement, à exprimer ses émotions, ses préoccupations et à solliciter son entourage dont le soutien moral et affectif est important, à " décompresser " en ayant une vie physiquement active. Les gens pratiquant une activité physique apprennent à se fixer des objectifs réalistes sur le plan de la performance, de lauto-efficacité et de lauto-gratification face à la tâche à accomplir. Ils apprennent également à contrôler leurs émotions, à les défouler de façon physique (en frappant sur un ballon par exemple), ainsi quà établir un juste équilibre entre le travail intellectuel et le travail physique.
Influence de l'activité physique sur la santé sociale
Des programmes de loisirs et de condition physique peuvent offrir aux jeunes des activités positives durant leur temps libre. Lincarcération dun jeune coûte 100 fois plus cher que la mise en uvre de programmes de loisirs à son intention.
Les effets bénéfiques de la pratique sportive contribuent à améliorer la santé sociale en prévenant et en combattant diverses formes de violence contre soi-même (suicide, anorexie), contre les autres (agressivité, sexisme, racisme), contre lenvironnement physique (vandalisme).
Les activités physiques constituent en quelque sorte une micro société, dans laquelle lindividu apprend à sadapter le plus rapidement et le plus efficacement possible à une variété denvironnements physiques et humains. Placé dans des situations de jeu où il y a confrontation, il apprend à contrôler ses émotions et à résoudre des conflits. En plus dacquérir des moyens pour lutter contre la solitude, il développe des attitudes et des comportements responsables, il apprend à sintégrer, à établir des relations, à sentendre avec un partenaire, à sopposer à un adversaire, à travailler en équipe,...
Lactivité physique constitue un moyen de socialisation unique, puissant et diversifié. La richesse des contextes quon y rencontre favorise autant le développement dune conscience sociale que lapprentissage de comportements pacifiques, quil faut privilégier lors de compétitions contre soi-même, les autres ou lenvironnement, à des niveaux ou dans des situations de stress variées.
Lactivité physique facilite lapprentissage de la vie en société. Elle permet de vivre avec dautres des expériences heureuses, de saffirmer, de se valoriser, de sintégrer au sein dun groupe, de se sentir utile et accepté. Elle contribue ainsi à diminuer certains comportements anti-sociaux ou auto-destructeurs comme le crime, la délinquance, le vandalisme, la drogue, la consommation dalcool.
Sources:
BLAIR S.N., Physical fitness ans all-cause mortality, 1989, Jouranl of th American Medical Association, 262, 17
BROUSTEL J.P., Actualité et dossier en santé publique, n° 14, XVI, mars 1996
FRANCAUX M., MARIQUE Th., Biométrie humaine et sportive, Université catholique de Louvain, Faculté de médecine, cours non publié
FRISH R.E., Lower prevalence of breast cancer and cancers of the reproductive system among college athletes compared to non-athletes, 1985, British Journal Cancer
KANNEL W.B., A general cardiovascular risk profile: The Framingham Study, Am, J, Cardiol., 38 : 46-51, 1976
WEINEK J., Manuel d'entraîneemnt, 3° édition, Edition Vigot, 1990
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