"Formation de bénévoles dans le monde sportif"

Wavre 1e 25 mars 2002
Intervention de Monsieur Jean Pierre DESERF
Député permanent ayant le sport dans ses attributions

Le bénévolat sportif n'existe plus. Voilà une réflexion que j'entends souvent en discutant avec des responsables de clubs du Brabant wallon. Ceux-ci, dépités, se plaignent de ne plus pouvoir disposer de cette main-d'œuvre gratuite et généreuse qui constitue l'essence même de l'esprit sportif.

Si l'évolution de la société vers un individualisme accru explique sans doute la crise que traverserait le bénévolat sportif, je me refuse pour autant à verser dans un pessimiste de mauvais aloi. On estime en effet le nombre de bénévoles en Belgique à quelque 200.000 pour environ 1.500.000 sportifs recensés par les fédérations. Cela fait donc un bénévole pour 7,5 sportifs. La disparition du bénévolat n'apparaît donc pas imminente. Je vais même plus loin: je suis persuadé que le bénévolat sportif possède encore un bel avenir.

Pourquoi? Tout simplement parce que sport et bénévolat sont historiquement liés. Les bénévoles ont conçu et construit le monde du sport depuis plus d'un siècle. Aujourd'hui encore, le bénévolat sportif est fondamental parce que le sport associatif repose sur lui. Sans le bénévolat, les clubs n'existeraient pas. Il est un élément indispensable de leur bon fonctionnement. Un élément, hélas, pas toujours reconnu à sa juste valeur. La notion de bénévolat peut en effet apparaître dichotomique. Pour certains, le bénévole est considéré comme un exemple à suivre, un homme vertueux, dévoué et désintéressé. D'autres au contraire assimilent le bénévolat... à l'incompétence, en opposition à la professionnalisation accrue dans le sport.

Aujourd'hui, sans doute plus que jamais, c'est l'image même du bénévole qu'il convient de restaurer.

J'avais personnellement constaté, lors d'une visite de plusieurs clubs de football du Brabant wallon effectuée l'an passé, une triple carence: carence au niveau des bâtiments, au niveau des terrains mais aussi en matière de formation du personnel. C'est sur ce troisième axe que la Province a décidé d'agir étant donné que les deux premiers ne relèvent pas de sa compétence. Est?il normal qu'un dirigeant ou un entraîneur, confronté à la gestion quotidienne d'un club ou d'un groupe, ne dispose pas du bagage théorique lui conférant la légitimité de son statut? Les parents qui confient leur enfant à une association me semblent en droit d'exiger un minimum de garanties quant à la compétence des personnes qui l'entourent. Par cette action novatrice, la jeune Province souhaite améliorer l'encadrement des jeunes tout en octroyant aux bénévoles une reconnaissance officielle.